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* Lettre à un souvenir.
Ô Toi...
Qui dessinais mon corps, faisant vibrer la moindre parcelle.
C'est moi qui t'écris. Moi, ta "beauté acide et veloutée", moi au "regard destructeur et intense" à "l'âme si douce et si troublante, mystique et surnaturelle".
Comme tu m'as adorée...
Tu m'avais beaucoup séduite, sous ton air protecteur, immense Homme vêtu de noir, maquillé d'obscure, les ongles et les paupières; je t'aimais beaucoup. Tes louanges et tes mots doux.
Inutile d'ouvrir en grand tes yeux sombres ainsi, tu ne seras pas surpris par mes écrits.
Tu te souviens avoir peint mon corps avec ton talent, à l'aide de tes substantifs fastueux, et tout l'esthétique fabuleux profond que tu m'adressais... Avec toutes les couleurs promises, les vagues et les rêves, bleus, roses, violet, rouges surtout. Arc-en-Ciel. Le Ciel. Flotter dans les nuages c'était la sensation que j'avais lorsque tu soufflais la douceur sur mon corps. Frissonant.
Chut.
Plus un mot. Un vide. Suicide ?
Je savais ton mal-être, incertaine quand je ressentais pleinement le bonheur que tu m'offrais. Spleen permanent, malgré tes fabuleuses dédicaces. Tu confondais la mort avec l'amour, ou tu fondais la mort avec le sexe. Un poignard dans le coeur peut être.
Chute.
Ma pauvre âme innocente, naïve et ignorante...
Je t'avais cru mort, mais tu es revenu me faire rêver, chanter, respirer.
Vivre.
Avec encore plus de plumes colorées. Avec de la douceur encore plus massacrante, de l'air doux, calme,...
Des étoiles, mon Dieu, et puis les sons. Tu te souviens des sons, comme la naissances de petites étoiles. Autour de nous. Des scintillements...
Une lettre pour toi qui m'a abandonné. Triple lâche.
Envolées, tes forêts & tes Ciels rouges et egayés. Morts.
Tu es mort.
Tes promesses sont mortes. Ta beauté est décédée, ta main merveilleuse s'est dissoute, tes dessins de vie ont disparut. Tes pinceaux huilés sont abîmés.
Tu m'avais touchée. Tu m'avais touché le corps. L'esprit. Le Coeur. Emplit mon jardin de tendresse.
Puis tu t'es enfuis, me laissant en tant que maudite esseulée, tu m'as transmis ton mal-être. Tu m'as jeté un sort. Si fort...
Griffée.J'ai aimé tes ongles si longs, ta féminité, j'aurais aimé que sois une femme aussi, quelque fois.
Mon Dieu et j'avais si peur de toi...
Vêtu de noir toujours, je t'ai ressemblé. J'ai ta grandiloquence. Je possède ta reflexion, tes envie, ton imagination. Et trop souvent, je suis vide comme ton regard. J'ai le desespoir de ton âme, mais l'espoir de ton coeur.
Je te rends hommage tous les jours, de chaque heure.
Tu avais crée un personnage. Ce n'était pas le réel Toi, c'était une image, que des mots adaptés. Mensonges.
Touché mon corps. Hanches, ventre, front. Profond. Mes mains, mes lèvres, mes seins. Problème majeur. Conséquences mineures. J'ai le silence adulé. En moi. Etais-je la seule sous ton toit, étais-je la seule désirée, protégée, petite existance intéressante ? Oui je t'intéressais.
Photographiée, des photos par millier. Magnifique, une beauté.
Triste.
Le romantisme, la mélancolie, liés.
J'aimerais te retrouver, m'allonger une fois de plus, sur ton torse, mon mort. Toi qui m'a apprivoisée, construite, sublimée, abandonnée. Connard.
Fallait m'emmener, fallait m'expliquer, fallait me le dire une dernière fois, que tu m'avais aimée.
J'ai tes dessins en tête, mais j'ai perdu ton visage. Dans l'obscurité. Flamme d'une bougie faible pour unique lueur ces soirs-là. Crépitements. Compliments. Compléments. Gémissements, silences. Ephémères jouissances.
Ta main incrustée dans mes cheveux, mes yeux lumineux presques fermés.
Mes mains restées attachés par ce foulard noir aux barreaux du lit en fer.
Enfer...
Au fond je me dis quelle horreur, des moments de malheur.
Quand j'observe aujourd'hui je me dis, c'est déjà fini.
Mon innocence me manque, avec toi, je rêvais mieux.
Tu me manques à jamais.
Brutale fin.
Ta "soeur de la nuit".
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